« Il faut apprendre pour connaître, connaître pour comprendre, comprendre pour juger ».  

 Narada

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COP 26 – Recherche d’un chimérique équilibre

Cette COP ne débouche pas sur des solutions suffisantes pour le climat. C’est un autre événement médiatique qui rappelle que des enjeux économiques divergeant empêchent de former un consensus sur ce qui constitue le bien commun du monde.

COP 26 (Conferenceof Parties) s’est tenue du 31 Octobre au 12 Novembre, à Glasgow.

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197 États y ont été représentés mais les dirigeants de quelques pays ne s’y sont pas rendus,notamment ceux de Chine (Xi Jinping) de Russie (Vladimir Poutine) du Brésil (JairBolsanaro) ou de l’Iran (Ali Khamenei). On en retrouve certains parmi les plus grandspollueurs mondiaux.

Fondatrice de l’association Green Generation Initiative, elle travaille notamment à sensibiliser les étudiants aux thématiques environnementales, notamment à la protection et l’entretien des forêts.

Dans son discours prononcé à la COP 26, elle appelle les dirigeants du monde à « ouvrir leur cœur », afin que son histoire puisse les toucher. Le 8 septembre 2021, le président kenyan Uhuru Kenyatta a déclaré l’état de catastrophe naturelle, à la suite de la sécheresse qui sévit dans la moitié Nord-Est du pays. Plus de deux millions de personnes sont menacées de famine. Le changement climatique est donc considéré comme un facteur important dans la perduration de cette sécheresse.

Comme Mathuti le rappel, les pays les plus touchés par le changement climatique sont souvent ceux qui participent le moins aux émissions de carbone. La lutte contre le changement climatique rentre donc dans le cadre de l’équité mondiale.

L’Afrique subsaharienne représente moins de 3% des émissions de CO2 humaines, pour environ 14,7% de la population mondiale. Pour certains, il est difficile de concilier ce fait avec la mise en place de règles qui s’appliquent avec la même dureté à tous.

ADIMAS | les 10 pays les plus pollueurs

On rappellera tout de même que le classement en émissions par habitant est aussi à prendre en compte.

ADIMAS | les 10 pays les plus pollueurs par habitants

« Il ne faut pas compter sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre. »    

A. Einstein

Cette COP ne débouche pas sur des solutions suffisantes pour le climat. C’est un autre événement médiatique qui rappelle que des enjeux économiques divergeant empêchent de former un consensus sur ce qui constitue le bien commun du monde.

Les dirigeants et politiciens d’aujourd’hui et d’hier ont permis la dégradation du climat et une culture qui pousse chacun à consommer davantage de biens superflus. Le développement technologique et l’accès à la consommation élèvent les conditions de vie d’un côté, mais créent des injustices artificielles et la quête de plaisirs superficiels de l’autre.

Tout cela forme un paradigme qui freine la prise d’action contre le changement climatique et ses effets. Les négociations comme cette COP 26, continuent de susciter de nombreux espoirs, l’Accord de Paris avait été marquant. Mais avec le système de priorités actuel, les désillusions sont fréquentes.

De fortes attentes

De grands espoirs étaient placés dans la COP 26. Une prise d’action forte était attendue, pour maintenir voire surpasser l’objectif annoncé par l’Accord de Paris, à la COP 21 : rester sous 1,5°C de réchauffement.

Pour cela on s’attendait à plus d’effort pour décarboner l’énergie (les Royaume-Unis ayant annoncé un travail sur le charbon), ainsi qu’un travail sur l’équité mondiale, par des plans de financement internationaux et l’écoute de tous les peuples, y compris indigènes.

La prise de mesures fortes sur le charbon avait été annoncée.

Les résultats et le Pacte de Glasgow

Le pacte de Glasgow est un document qui présente 97 points d’action sur lesquels se sont mis d’accords les pays participants.

Sur les engagements pris lors de la COP 26, on peut en mettre en avant quelques-uns :

  • Fin des financements de projets d’énergie fossile à l’étranger
  • Diminution de l’utilisation du charbon (première énergie fossile mentionnée directement dans un accord d’une COP)
  • -45% d’émissions de CO2 globales en 2030 (par rapport à 2010).
  • -30% d’émissions de méthane en 2030 (signé par la moitié des pays)
  • Lutte contre la déforestation
  • Rappel de l’objectif de 100 milliards de dollars par an pour accompagner la transition énergétique des pays en développement
  • Net zéro global maintenu en 2050.

De l’aveu d’Alok Sharma, la COP 26 n’a pas été à la hauteur des nombreuses espoirs placés en elle. Toutes les mesures n’ont pas été acceptés unanimement, chaque pays choisissant quel engagement prendre. La COP est considérée comme un échec par la majorité des commentateurs, mais pas toujours pour les mêmes raisons.

Pour les écologistes, la cop 26 échoue car les dirigeants mondiaux ne vont pas assez loin dans les objectifs qu’ils se fixent et les limites de temps qu’ils déclarent. Les objectifs mis en place sont encore à titre indicatif : aucune sanction n’est prévue pour les pays qui manquent à respecter les engagements pris.

Pour les pays qui refusent de signer des engagements ou d’accepter une « sortie rapide du charbon », elle échoue car la communauté internationale est incapable de concilier les intérêts des 197 États du monde en même temps. Les raisons sont simples : la transition énergétique coûte cher, il est difficile de se passer des énergies fossiles et chaque pays a accès à des ressources différentes.

Parmi les pays en développement, certains maintiennent leur croissance en employant toutes les formes d’énergies auxquelles ils peuvent accéder (la Chine et l’Inde en sont des exemples). D’autres ne peuvent compter que sur les énergies les moins difficiles d’accès.

La transition vers les énergies renouvelables n’est pas assez rapide pour soutenir les nouveaux besoins en énergie, qui accompagnent les augmentations de population et de niveau de vie à travers le monde. Elle est d’ailleurs déjà difficile à implanter dans les pays riches.

Mia Mottley, Premier ministre d’Antigua-et-Barbuda dit : « When will we, as world leaders across the world, address the pressing issues that are truly causing our people angsts and worry? »

Traduction :

Quand répondrons-nous, en tant que dirigeants mondiaux, aux questions urgentes qui causent l’angoisse et l’inquiétude de notre peuple ?

Premier ministre d’Antigua-et-Barbuda, une nation de 98 000 habitants au nord des Antilles, composées des îles d’Antigua et de Barbuda. En 2018, elle a été la première femme élue comme chef d’État de son pays.

Mottley a prononcé un discours au jour d’ouverture de la COP26, lors duquel elle se démarque par sa qualité d’oratrice.

L’île de Barbuda est dépeuplé depuis son évacuation totale en 2017

L’île de Barbuda est dépeuplé depuis son évacuation totale en 2017. Elle comptait 1800 habitants avant que l’ouragan Irma ne détruise la quasi-totalité de ses habitations et infrastructures.

Mottley commence en affirmant que :

« les solutions nationales à des problèmes mondiaux ne fonctionnent pas »,

et que le but de la COP26 est de sauver notre peuple et notre planète.

Elle relève plusieurs écarts entre ce but et ses observations :

Sur les mitigations : les engagements pris ne sont pas suffisants pour rester sous 2°C de réchauffement. (Pour rappel, certaines nations insulaires courent le risque d’être submergée par les montées des eaux sous ces températures). De plus ils sont faits en se basant sur des technologies dont le développement n’est pas achevé, ce qui selon elle est au mieux téméraire, au pire dangereux.

Sur les financements : La promesse faite à la COP15, 100 milliards de dollars en financements internationaux annuels pour aider les pays en développement face au changement climatique, n’est pas atteinte. Les financements d’adaptation au climat et au développement des petits états insulaires ont même baissé de 25% en 2019.

Mottley insiste sur le fait que ces manques de financement ont des conséquences qui se mesurent en vies. Les financements internationaux sont la source de nombreux désaccords au sujet de l’écologie mondiale.

Une COP qui coupe le monde en deux ?

Elizabeth Wathuti, Militante écologiste kenyane dit : « I would like you to join me in holding a moment of compassion and silence for the billions of people who are not here with us today, whose stories are not being heard and whose suffering is not being felt. »

Traduction :

J’aimerais que vous me rejoigniez dans un moment de compassion et de silence pour les milliards de personnes qui ne sont pas présentes avec nous aujourd’hui, dont les histoires ne sont pas entendues et dont la souffrance ne se fait pas ressentir.

Proportion de différents pays et régions dans les émissions accumulées de CO2 de 1751 à 2017

Proportion de différents pays et régions dans les émissions accumulées de CO2 de 1751 à 2017.

Annual C02 émmissions

Émissions de CO2 par année de chaque région de 1750 à 2020

« Les pays pauvres ne veulent pas le rester »

Les pays en développement sont à la fois les plus touchés par le changement climatique et ceux qui ont le plus besoin de produire davantage d’énergie.

La capacité de production énergétique d’un pays est très fortement corrélée au niveau de vie de ses habitants. Les énergies fossiles sont encore la source d’énergie la plus facile d’accès et la moins couteuse dans le monde, particulièrement dans les plus pauvres.

Pour eux, le problème d’assurer le niveau de vie minimum, prime sur la conscience de leurs émissions de CO2.

Jocelyne Machevo, Experte en énergie mozambicaine dit: « The developed world was busy maximizing the benefits of their own resources and focused on their own development, which is nothing but fair and understandable. It is now our turn to do the same, to exercise our fairness right. »

Traduction :

Le monde développé était occupé à maximiser les bénéfices de leurs ressources et s’est concentré sur son propre, ce qui n’est rien d’autre que juste et compréhensible. C’est maintenant à notre tour de faire de même, d’exercer notre bon droit.

Machevo participe au développement de l’industrie du gaz naturel au Mozambique, qui en possède de larges réserves naturelles. Elle est aujourd’hui cadre chez Total.

Elle n’a pas été intervenante lors de la COP 26, mais a réagi aux discussions qui y ont eu cours en exposant son point de vue de professionnelle de l’énergie dans un pays en développement.

Selon elle, l’amélioration des conditions de vie pour les Mozambicains passe par le gaz naturel. Elle estime que les énergies renouvelables ne sont pas une bonne solution, par manque de fonds, d’infrastructures et d’accès à la technologie.

Machevo est en désaccord avec les mesures qui stoppent les investissements en énergies fossiles à l’étranger. Elle estime que le facteur à prendre en compte pour les pays n’est pas leur taux d’émission annuel mais leurs émissions cumulées dans le tempsElle défend donc le droit des pays africains à faire usage des énergies fossiles, comme les pays riches ont pu le faire auparavant, et continuent largement de le faire.

Elle n’est pas seule à souligner cet écart.

Le cas de l’Inde lors de las COP 26

Carte L’Inde

L’Inde a fait parler après la COP 26, notamment car ses représentants, soutenus par la Chine ont participé à la modification de dernière minute de la phrase « sortie rapide du charbon » en « diminution rapide du charbon ».

Cela a pu être vu comme un manque d’ambition de l’Inde dans son action contre le changement climatique. D’ailleurs, elle n’a pas signé les accords sur le méthane et la déforestation.

Cependant, cette décision prend du sens à la lumière des problématiques du pays.

Le charbon pollue fortement l’atmosphère et est responsable d’une détérioration importante de la qualité de l’air dans les villes indiennes. Si le pays y reste attaché, c’est que sa combustion génère 70% de son électricité. L’Inde compte aujourd’hui 1,38 milliards d’habitants dont plus de 97,8% ont accès à l’électricité. Sortir du charbon demande donc un énorme investissement en temps, en argent et en organisation.

De plus, la demande de dernière minute pour modifier le texte de l’accord de Glasgow serait survenue à la suite de désaccords, notamment avec les États-Unis.

L’Inde fait remonter les reproches faits aux pays développés :

les engagements financiers ne sont pas respectés et les accords internationaux se font toujours au bénéfice des pays les plus riches.

Les mesures prises contre le charbon ne mentionnent pas le gaz et le pétrole, ce qui pénalise spécifiquement les pays moins développés qui n’ont pas encore pu sortir du charbon. A juste titre, les pays en développement défendent leurs intérêts et ne désirent pas assumer plus que leur juste part d’efforts.

Le ministre indien de l’Environnement, Bhupender Yadav, a affirmé que « les pays en développement doivent encore gérer leur programme de réduction de la pauvreté » et que « malheureusement, la volonté politique collective n’était pas suffisante pour dépasser de profondes contradictions ».

Les financements climatiques internationaux

Les pays développés imposent leurs conditions sur la transition écologique et les accords pris lors des COP. Les restrictions sur le charbon touchent bien plus les pays qui en dépendent : surtout les pays en développement.

Au regard des émissions accumulées, l’Europe et l’Amérique du Nord ont beaucoup d’avance en termes d’émissions. Si les pays les plus riches veulent remplir leur part de l’action climatique, il ne leur suffit pas d’agir au niveau national.

Il n’est pas non plus équitable de simplement uniformiser les mesures de réduction mondialement : il faut apporter un soutien financier aux nations qui en ont besoin.

État actuel des financements internationaux pour le climat

Les point 14 à 22 de l’accord de Glasgow donnent des directions pour les adaptations financières au changement climatique. Les pays développés sont poussés à augmenter leurs participations aux finances climatiques, afin de doubler ces financements d’ici 2025.

En 2014, la COP15 se tenait à Copenhague. L’Accord de Copenhague y a été dévoilé, notamment pour prévoir un Fond vert pour le climat devant atteindre 100 milliards de dollars par an d’ici 2020.

Ce fond est destiné aux pays les plus vulnérables pour lutter contre les effets du changement climatique. Il est financé par les États-Unis et l’Europe occidentale principalement. Cependant les 100 milliards prévus n’ont pas été atteint à ce jour, le fond n’étant que de 80 milliards en 2020.

Aujourd’hui on prévoit d’atteindre les 100 milliards en 2023, avec des renégociations dans les années qui suivent. En effet, les besoins des pays en développement pourraient être de 300 milliards par an en 2030, d’après l’ONU.

Un dilemme pour les pays en développement

La terre sèche

On a pu voir que les revendications sont nombreuses et divergents, même parmi les pays en développement. Certains refusent de faire une croix sur les énergies fossiles et les bienfaits qu’on peut en retirer. D’autres en appelle à agir contre le changement climatique en priorité car ce dernier menace l’existence même de leurs terres.

Combien de personnes perdent la vie du fait des conséquences du changement climatique ?

Combien de personnes continueront à vivre dans la pauvreté sans accès à l’énergie ?

Les intérêts légitimes de ces peuples ne sont pas compatibles avec nos objectifs climatiques. Aussi justes soient-ils dans l’absolu, force est de constater qu’ils sont trop contraignants pour eux.

Conclusion

Une solution idéale serait de favoriser l’accès à l’énergie pour les populations qui en manquent, sans faire de compromis sur les émissions de carbone. Cet objectif est une chimère.

Une augmentation des investissements de l’étranger dans les énergies renouvelables pourrait convaincre l’Inde ou le Mozambique de renoncer à leurs énergies fossiles. Mais les demandes en énergie continuent d’y croitre.

Pour rendre acceptable l’arrêt de l’utilisation des énergies fossiles, il faut donc à la fois égaliser la production actuelle des énergies fossiles avec des énergies renouvelables et satisfaire les augmentations de la demande énergétique.

Si ce défi se révèle trop difficile, même avec des financements internationaux massifs, on risque de ne pas atteindre les objectifs à la fois en production d’énergie et en réduction des impacts environnementaux.

Si l’on attend des sacrifices de la part des pays en développement, et c’est bien le cas, alors les pays développés doivent être exemplaires. Nos modèles de vie basés sur la consommation immodérée et souvent futile, sont autant les causes de l’état de notre climat. Ces mêmes modèles inspirent les pays en développement, avec tout le bien et le mal qu’ils apportent.

Nous devons critiquer nos modèles et tendre à les modifier.

Les pays riches devront mener à bien leurs projets environnementaux et établir des objectifs ambitieux, tout en soutenant les pays développés dans leur transition et les pays pauvres dans leur développement équilibré en accord avec les objectifs climatiques et environnementaux. En prenant une attitude de meneurs exemplaires, généreux et compréhensifs, les chances d’obtenir la coopération et le respect de ces pays seront d’autant plus grandes.

Sources 

COP 26 – Recherche d’un chimérique équilibre

L’accès aux sources est disponible sur demande.

Auteur

PIERRE, avec la contribution de ELISABETH et  JESSICA

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