La valorisation des déchets de production connectique/électronique est notre métier. Le recyclage du palladium et des autres métaux précieux en est le cœur.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!L’offre mondiale, issue de la production minière et du recyclage de palladium
La production minière provient quasi entièrement d’Afrique du Sud et de Russie, respectivement à 40% et 37% en 2021. Le reste provient surtout d’Amérique du Nord et du Zimbabwe.
Il n’existe pas de mine extrayant de palladium en France, ni même en Europe.
Graphe : Évolution de la production mondiale de palladium dans le temps, de 1994 à 2021 (en tonnes) (1)
La production de palladium a doublé entre le milieu et la fin des années 90.
Depuis, elle suit une croissance légère jusqu’en 2004, où elle commence à stagner. Depuis lors, la production mondiale de palladium oscille autour des 210 tonnes par an.
En 2021, l’offre mondiale de palladium était de 315 tonnes :
200 tonnes issues des mines et 115 tonnes issues du recyclage du palladium. (2)
Palladium recyclé versus palladium miné (3) :
Origine du palladium recyclé
En 2021, sur les 115 tonnes de palladium recyclées, environ 53 tonnes proviennent de pots catalytiques américains. (usgs.gov)
Les Etats-Unis sont les champions du recyclage du palladium, à la fois grâce à la taille du pays et parce que l’usage et la fabrication automobile y sont très intenses.
Évolutions de l’offre et de la demande en palladium
On observe qu’entre 2006 et 2014, la production de palladium stagne, mais la demande continue d’augmenter et le deficit se creuse. La demande dépasse la production de 3 tonnes en 2006, et l’écart croît jusqu’à 71 tonnes en 2014 !
En 2007, l’agence environmentale du gouvernement américain (EPA) commence à imposer des limitations sur les émissions des véhicules. Bien que les pots cataltiques soient déjà utilisés, cela impose d’en augmenter l’efficacité et la teneur en métaux du groupe platinoïde.
En 2015, lors du « Dieselgate » il est révélé que le groupe Volswagen a truqué les rapports d’émissions de ses modèles diesel : ils sont en réalité plus polluants qu’annoncé.
Suite à ça, les moteurs à essence sont favorisés, or ces derniers sont équipés de catalyseurs à plus haute teneur en palladium.
En 2016, l’écart entre offre et demande se réduit subitement à 9 tonnes. Cela s’explique par une faiblesse générale de la bourse de commerce ainsi qu’une tendance des investisseurs à revendre leurs stocks de palladium (7). La demande ne surpasse plus la production que de 9 tonnes.
Cela ne comblera pourtant pas durablement le déficit de palladium, qui remonte à son plus au niveau dans les années qui suivent. En 2019, le déficit de palladium est le plus grand enregistré, avec une demande de 85 tonnes au dessus de la production !
Quel avenir pour l’usage du palladium
A l’avenir, les utilisations du palladium sont susceptibles d’évoluer, notamment en suivant les évolutions de l’industrie automobile. Avec la progression annoncée des véhicules électriques, le besoin de pots catalytiques diminuera.
A l’inverse, l’application du palladium aux technologies basées sur l’hydrogène pourrait compenser, voire dépasser cette baisse de demande. De nombreux projets existent pour le stockage d’énergie, même à l’usage des transports. Par exemple, le développement de l’hydrogène est un des points phares du plan France 2030.
Les évolutions du marché du palladium dépendront aussi d’enjeux internationaux. La guerre en Ukraine entraine des perturbations des exportations russes des platinoïdes et donc du palladium et l’état des réserves restantes annonce un nouvel équilibre entre les producteurs.
Le recyclage du palladium devient de plus en plus pertinent à mesure que son approvisionnement est sous tension et c’est d’autant plus valable pour la France, qui ne dispose pas de ressources naturelles en palladium.