« Il faut apprendre pour connaître, connaître pour comprendre, comprendre pour juger ».  

 Narada

« Il faut apprendre pour connaître, connaître pour comprendre, comprendre pour juger ».  Narada

Centre de ressources

Extraire l’or : peut-on prendre soin de l’environnement ?

ADIMAS | Article Extraire l’or - peut-on prendre soin de l’environnement
L’extraction de l’or peut-elle préserver l’environnement ? Mines, faibles teneurs, stériles, proximité des habitations, pollution, DEEE et recyclage de l’or : analyse et chiffres clés.

L’or fascine depuis des millénaires. Métal précieux et réserve de valeur, il est aussi un matériau industriel aux propriétés remarquables. Conductivité, résistance à la corrosion et fiabilité en font notamment un métal recherché dans l’électronique, les connecteurs, les composants et les cartes à puce.

Mais avant d’être un bijou, un lingot ou quelques milligrammes intégrés dans un équipement électronique, l’or est une ressource qu’il faut extraire.

Et cette extraction transforme nécessairement l’environnement.

Toutes les mines ne se valent pourtant pas. Certaines exploitations ont provoqué des pollutions majeures. D’autres consacrent des moyens considérables à la gestion de l’eau, des résidus, des sols, de la biodiversité et à la réhabilitation des sites.

Peut-on alors extraire l’or tout en prenant soin de l’environnement ?

La réponse nécessite de distinguer deux réalités : il est possible de considérablement mieux maîtriser l’impact d’une mine ; il n’est pas possible de supprimer l’empreinte physique inhérente à l’extraction.

Une deuxième question apparaît alors :

Avant d’extraire davantage d’or du sous-sol, récupérons-nous suffisamment celui que nous avons déjà extrait ?

Plus de 2 000 mines d’or industrielles dans le monde

L’activité aurifère est mondiale.

Le Global Mining Dataset publié en 2025 par l’International Council on Mining and Metals (ICMM) recense 12 876 mines industrielles dans le monde. L’or représente environ 17 % des mines recensées, derrière le charbon et devant le cuivre [1].

Cela correspond à environ 2 200 mines dont l’or constitue la production primaire.

Ce chiffre ne représente pas l’ensemble de l’extraction mondiale : cette base porte sur l’exploitation industrielle à grande échelle et ne comptabilise pas exhaustivement les activités artisanales et de petite taille.

Mais il donne la mesure d’une industrie implantée sur tous les continents et confrontée partout à la même contrainte physique : l’or est présent dans la roche à de très faibles concentrations.

Quelques grammes, parfois moins d’un gramme, dans une tonne de minerai

La réalité de l’exploitation aurifère contemporaine est souvent très éloignée de l’image d’un gisement riche en métal.

Selon S&P Global Market Intelligence, la teneur moyenne du minerai effectivement traité dans les mines d’or de son échantillon mondial était d’environ 1,31 gramme d’or par tonne en 2022 [2].

La teneur moyenne des réserves était encore légèrement inférieure : 1,26 g/t.

S&P constate également une diminution de 13,4 % de la teneur moyenne du minerai aurifère traité entre 2012 et 2022 [2].

Que représente une teneur de 1,31 g/t ?

Le calcul est simple.

À 1,31 gramme d’or par tonne de minerai, il faut théoriquement traiter environ :

763 tonnes de minerai pour disposer de 1 kg d’or contenu dans la roche.

Et cela avant même de tenir compte des pertes liées au rendement réel du procédé de récupération.

À 1 g/t, il faut théoriquement 1 000 tonnes de minerai.

À 0,5 g/t, 2 000 tonnes.

ADIMAS | Mine d’or de Kumtor, Kirghizistan.

Mine d’or de Kumtor, Kirghizistan. Cette exploitation à ciel ouvert illustre l’ampleur de la transformation du relief nécessaire pour accéder au minerai aurifère.
Photo : Michael Karavanov — CC BY-SA 3.0.

Une teneur inférieure à 1 g d’or/t peut-elle être économiquement exploitable ?

Oui. Certaines exploitations travaillent aujourd’hui avec des minerais contenant moins d’un gramme d’or par tonne.

À Yanacocha, au Pérou, l’exploitation à ciel ouvert présente par exemple une teneur moyenne mesurée d’environ 0,4 g/t [14].

À cette concentration, une tonne de minerai contient moins d’un demi-gramme d’or. Théoriquement, il faudrait donc environ 2 500 tonnes de ce minerai pour arriver à 1 kg d’or.

La viabilité économique d’un gisement ne dépend cependant pas de sa seule teneur, mais également de nombreux autres paramètres : configuration et accessibilité du gisement, volumes exploitables, taux de récupération, coûts de traitement et d’énergie, investissements nécessaires et cours de l’or.

ADIMAS | Mine d’or de Yanacocha, Cajamarca, Pérou

Mine d’or de Yanacocha, Cajamarca, Pérou. Cette exploitation à ciel ouvert illustre la possibilité d’exploiter industriellement des minerais aurifères à très faible teneur.
Photo : Golda Fuentes — CC BY 2.0.

Le minerai n’est par ailleurs qu’une partie de la matière mobilisée. Dans une mine à ciel ouvert, il faut également retirer les roches et matériaux stériles permettant d’accéder au gisement.

Sur le seul premier trimestre 2025, Yanacocha a extrait 7,298 millions de tonnes de minerai et 3,123 millions de tonnes de stériles, soit 10,421 millions de tonnes de matière déplacée en trois mois [15]. La teneur moyenne du minerai envoyé en lixiviation pendant cette période était de 0,729 g/t.

S&P constate d’ailleurs que le tonnage mondial de minerai et de stériles déplacé continue d’augmenter [2].

Plus la teneur diminue, plus la quantité de matière qu’il faut extraire, déplacer et traiter pour produire une même quantité d’or augmente.

Minerai ou ressource secondaire : une comparaison qui interpelle

Cette réalité permet un rapprochement avec certaines ressources que nous possédons déjà.

Par exemple :

UNE tonne de cartes bancaires contient environ autant d’or que 70 tonnes du minerai le moins concentré mais toujours rentable à extraire, et DEUX tonnes de minerai à haute teneur en or.

ADIMAS | UNE tonne de cartes bancaires contient environ autant d’or que 70 tonnes du minerai le moins concentré mais toujours rentable à extraire, et DEUX tonnes de minerai à haute teneur en or.

Cette comparaison ne signifie évidemment pas que le recyclage des cartes puisse remplacer l’exploitation minière mondiale.

Elle ne compare pas non plus les coûts ni les procédés industriels des deux filières.

Elle met simplement en regard la masse de deux matières contenant une même quantité d’or.

Et les 70 tonnes correspondent uniquement au minerai : elles ne comprennent pas les matériaux stériles qu’il peut être nécessaire d’extraire et de déplacer pour accéder au gisement.

Le constat mérite donc réflexion :

Nous sommes capables d’aller chercher industriellement quelques grammes — et parfois moins d’un gramme — d’or dans des tonnes de roche alors que des ressources secondaires déjà extraites, fabriquées, utilisées puis arrivées en fin de vie peuvent constituer des gisements sensiblement plus concentrés.

Pourquoi l’extraction minière a-t-elle nécessairement un impact environnemental ?

Une mine d’or ne se réduit pas au traitement du minerai.

Il faut accéder au gisement, excaver, transporter, concasser et broyer la roche, séparer et extraire le métal, utiliser de l’énergie et de l’eau, puis gérer les stériles et les résidus produits.

Les impacts dépendent fortement du type de gisement, du procédé utilisé, du climat, du mix énergétique, de la profondeur de la mine, de sa conception et des pratiques de l’exploitant [3].

Il serait donc trompeur d’attribuer à toutes les mines une consommation universelle d’eau ou une quantité identique de CO₂ émise par kilogramme d’or.

En revanche, les mécanismes physiques sont incontournables.

Excaver modifie les sols.
Broyer consomme de l’énergie.
Traiter le minerai nécessite des procédés industriels.
Les résidus doivent être stockés et sécurisés.
L’eau doit être utilisée, gérée et souvent traitée.

L’enjeu environnemental ne réside donc pas dans la possibilité de supprimer ces contraintes, mais dans la manière de les limiter et de les maîtriser.

Quand la mine devient voisine des habitations

Il existe un autre aspect de l’empreinte minière, parfois moins visible dans les statistiques environnementales : une mine s’inscrit dans un territoire, et ce territoire peut être habité.

Certaines mines d’or à ciel ouvert côtoient directement des villes et des quartiers résidentiels.

Le Super Pit de Kalgoorlie-Boulder, en Australie-Occidentale, en constitue une illustration spectaculaire. Les premières rues comportant des propriétés résidentielles se trouvent à moins de 500 mètres de la fosse [4], suffisamment proches pour que les explosifs représentent un danger.

ADIMAS | Super Pit de Kalgoorlie-Boulder, Australie-Occidentale.

Super Pit de Kalgoorlie-Boulder, Australie-Occidentale.

Cette vue aérienne illustre l’emprise territoriale d’une grande mine d’or à ciel ouvert et sa proximité avec les zones habitées.
Photo : Andrew Parnell-CC BY 2.0

Cette proximité impose une gestion particulière des nuisances. L’exploitant effectue notamment une surveillance du bruit et dispose de dispositifs de contrôle des vibrations et des tirs de mine [5].

La qualité de l’air constitue également un enjeu : les activités minières, les résidus, les routes non revêtues et le traitement du minerai figurent parmi les sources locales de poussières et d’émissions [6].

Le cas de la Martha Mine, à Waihī en Nouvelle-Zélande, est encore plus saisissant sur le plan urbain. La fosse se trouve au cœur même de la ville, à proximité immédiate des habitations [7].

ADIMAS | Martha Mine, Waihī, Nouvelle-Zélande.

Martha Mine, Waihī, Nouvelle-Zélande. La mine d’or à ciel ouvert s’inscrit directement dans le tissu urbain.
Photo : W. Bulach — CC BY-SA 4.0.

Ces situations ne signifient pas que vivre à proximité d’une mine entraîne nécessairement une pollution dangereuse. Elles montrent en revanche que l’impact environnemental d’une mine ne s’arrête pas à la limite de la fosse.

Poussières, pollution des eaux souterraines, bruit, vibrations, tirs de mine, circulation, paysage et usage du territoire deviennent alors également des enjeux de voisinage. L’environnement d’une mine est aussi un environnement humain.

Toutes les mines d’or ne polluent pas de la même manière

L’empreinte intrinsèque de l’exploitation minière ne doit pas être confondue avec une pollution accidentelle ou une mauvaise gestion environnementale.

L’histoire montre combien la différence peut être considérable.

Omai : lorsque le risque devient catastrophe environnementale

En août 1995, la défaillance d’une digue de résidus de la mine d’or d’Omai, au Guyana, provoque le déversement de plusieurs millions de mètres cubes d’effluents contenant du cyanure vers le réseau de l’Essequibo.

La Commission européenne a documenté le déversement d’environ 2,5 millions de m³ de solution cyanurée, avec de graves conséquences pour le milieu aquatique [8].

Omai est un cas extrême. Il ne représente pas l’ensemble de l’industrie aurifère contemporaine. Mais il rappelle qu’aux impacts normaux de l’exploitation peut s’ajouter un risque beaucoup plus grave lorsque les dispositifs destinés à protéger l’environnement échouent.

Peut-on exploiter une mine d’or autrement ?

À l’autre extrémité du raisonnement, certaines entreprises minières intègrent aujourd’hui l’environnement comme un paramètre industriel de leur activité.

Prenons l’exemple de Newmont, l’un des principaux producteurs mondiaux d’or.

Il ne s’agit surtout pas de qualifier sa production d’« or propre ». Une telle expression serait contradictoire avec la réalité même de l’activité minière.

L’intérêt de cet exemple est de mesurer ce qu’un exploitant peut mettre en œuvre pour prévenir, réduire et réparer certains impacts.

Eau, réhabilitation et préparation de l’après-mine : l’exemple de Newmont

Newmont applique à ses opérations des standards portant notamment sur la gestion de l’eau, des résidus, de la biodiversité, ainsi que sur la réhabilitation et la fermeture des sites [9].

En 2025, le groupe indique que 71 % de l’eau utilisée dans ses opérations était recyclée ou réutilisée, contre 62 % en 2018. Sa consommation d’eau était parallèlement inférieure de 10 % à celle de cette année de référence. Newmont indique également avoir réalisé 131 hectares de réhabilitation progressive au cours de l’année [9].

ADIMAS | la mine cuivre-or de Mount Polley

Travaux de revégétalisation sur le site de la mine cuivre-or de Mount Polley, Colombie-Britannique, Canada. La réhabilitation constitue l’un des moyens de restaurer progressivement les milieux transformés par l’activité minière.
Photo : Mount Polley — CC0 1.0.

Yanacocha apporte ici un exemple particulièrement intéressant.

La mine péruvienne est toujours en exploitation. Parallèlement, Newmont prépare déjà sa gestion environnementale à long terme, notamment au travers de deux importantes installations de traitement de l’eau. L’investissement total dans ces installations pour la réhabilitation de Yanacocha est estimé à environ 1,8 milliard de dollars [9].

Le paradoxe est instructif : prendre soin de l’environnement minier ne commence pas lorsque la mine ferme. La préparation de l’après-mine commence alors que l’extraction se poursuit encore.

Ces investissements montrent qu’un exploitant peut consacrer des moyens considérables à prévenir et gérer dans la durée les conséquences environnementales de son activité.

Ils rappellent simultanément l’ampleur des conséquences qu’il faut maîtriser.

Une exploitation responsable peut réduire son empreinte.
Elle ne peut pas l’annuler.

En France aussi, l’après mine laisse encore des traces.

66 000 tonnes d’or encore dans les réserves minières mondiales

Selon l’US Geological Survey, les réserves mondiales d’or actuellement identifiées comme économiquement exploitables sont estimées à environ 66 000 tonnes [10].

La production minière mondiale a parallèlement atteint environ 3 672 tonnes en 2025, selon le World Gold Council [11].

Ces 66 000 tonnes ne constituent pas un compte à rebours avant la disparition de l’or.

Une réserve est une notion à la fois géologique, technologique et économique. Les découvertes, les progrès techniques et l’évolution du prix du métal peuvent transformer certaines ressources en réserves exploitables.

Il s’agit néanmoins d’un stock géologique dans lequel l’humanité puise année après année.

Or nous avons parallèlement constitué un autre gisement. Celui-ci n’est pas sous nos pieds.

Il est déjà autour de nous.

La mine urbaine : 270 tonnes d’or dans les DEEE d’une seule année

Téléphones, ordinateurs, serveurs, équipements de télécommunication, circuits imprimés, cartes électroniques, connecteurs et innombrables appareils contiennent des métaux précédemment extraits du sous-sol.

Lorsqu’ils arrivent en fin de vie, ils deviennent une ressource secondaire potentielle.

ADIMAS | DEEE, mine urbaine, ressource secondaire potentielle

Le Global E-waste Monitor 2024, publié par l’UNITAR et l’Union internationale des télécommunications, estime que le monde a généré 62 millions de tonnes de déchets électriques et électroniques en 2022 [12].

Ils contenaient environ 31 millions de tonnes de métaux, dont :

  • 1 200 tonnes d’argent,
  • 270 tonnes d’or,
  • 120 tonnes de palladium [12].

Ces 270 tonnes d’or représentent un ordre de grandeur équivalent à environ 7 % de la production minière mondiale annuelle actuelle.

Mais il faut immédiatement distinguer deux notions :

  • les 66 000 tonnes des réserves minières sont un stock ;
  • les 270 tonnes contenues dans les DEEE de 2022 sont le flux d’une seule année.

Une mine urbaine qui évolue avec les technologies

Il serait tentant de multiplier ces 270 tonnes par dix, vingt ou trente années pour évaluer un stock futur.

Nous ne le ferons pas.

Les 270 tonnes constituent une photographie de 2022, pas une constante.

Miniaturisation et réduction des quantités de métaux précieux

Miniaturisation des composants, diminution des épaisseurs de placage, optimisation des contacts et interconnexions et substitution de l’or lorsque cela est techniquement possible peuvent réduire les teneurs en métaux précieux de certains produits.

Le World Gold Council constate encore en 2025 que le prix élevé de l’or stimule le thrifting (la réduction de la quantité d’or utilisée par composant) ainsi que les recherches de substitution [13].

De nouveaux usages soutiennent parallèlement la demande

La tendance inverse existe également.

Intelligence artificielle, calcul haute performance, infrastructures numériques et communications avancées créent de nouveaux besoins.

Le World Gold Council souligne ainsi la croissance des applications liées à l’IA utilisant notamment l’or dans certains contacts et interconnexions [13].

La consommation mondiale d’or par l’électronique s’est maintenue à environ 270,4 tonnes en 2025, contre 270,8 tonnes en 2024 [13].

Moins d’or dans certaines fonctions, mais davantage d’équipements et de nouveaux usages : la composition de la mine urbaine n’est jamais figée.

Des déchets électroniques toujours plus nombreux et une récupération encore insuffisante

La masse mondiale des DEEE est passée de 34 millions de tonnes en 2010 à 62 millions en 2022 et devrait atteindre 82 millions de tonnes en 2030 [12].

Mais en 2022, seulement 22,3 % de cette masse était documentée comme formellement collectée et recyclée dans des conditions appropriées [12].

Cette donnée doit être utilisée avec prudence. Elle ne signifie pas que 77,7 % de l’or est perdu. Elle concerne l’ensemble de la masse des DEEE.

De plus, à notre rythme actuel la production de déchets grandit plus vite que les filières de valorisation. Le Global E-waste Monitor estime qu’en 2030, seulement 20 % de l’ensemble des matériaux, y compris métaux précieux, contenus dans les DEEE ne seront récupérés de manière formelle [12].

Là encore, ce chiffre ne constitue pas un taux spécifique de récupération de l’or.

Mais le constat général est clair : le potentiel de récupération des matières de valeur reste très loin d’être pleinement exploité.

Deux chiffres presque identiques qui posent une question

Les DEEE générés en 2022 contenaient environ :

270 tonnes d’or [12].

En 2025, l’industrie électronique mondiale a utilisé :

270,4 tonnes d’or [13].

Il ne faut surtout pas transformer cette proximité en équivalence.

Les années sont différentes. Les produits ont des durées de vie différentes. La collecte n’est jamais totale. Les teneurs varient et aucun procédé n’offre un rendement de récupération de 100 %.

Mais l’ordre de grandeur interpelle.

L’industrie électronique utilise chaque année une quantité d’or comparable à celle qui arrive parallèlement en fin de vie dans le gisement mondial des déchets électroniques.

Une question devient alors légitime :

Combien d’or devons-nous continuer à extraire parce que nous en avons réellement besoin, et combien devons-nous extraire parce que nous ne récupérons pas encore suffisamment celui que nous avons déjà extrait ?

Recycler ne supprimera pas les mines

Opposer mine et recyclage serait une erreur.

Notre économie continuera à avoir besoin de ressources primaires. Une grande partie de l’or déjà extrait reste immobilisée dans des bijoux, des réserves monétaires, des équipements encore utilisés ou des applications dont le recyclage n’est pas immédiatement possible.

Aucune collecte n’est parfaite et aucun procédé ne récupère sans perte les métaux dispersés dans l’économie.

L’extraction minière restera donc nécessaire.

Mais son existence ne dispense pas d’exploiter beaucoup mieux nos ressources secondaires.

Le Global E-waste Monitor estime d’ailleurs que la récupération des matières issues des DEEE en 2022 a permis d’éviter l’extraction d’environ 900 millions de tonnes de minerai primaire, toutes matières confondues [12].

Le recyclage n’est donc pas uniquement une réponse au problème des déchets.

Il est aussi un moyen de réduire ce que nous demandons aux mines.

Conclusion : mieux extraire, mais surtout ne pas extraire inutilement

Nous étions partis d’une question :

Peut-on extraire l’or tout en prenant soin de l’environnement ?

Oui, certaines pratiques permettent de considérablement mieux maîtriser les conséquences de l’exploitation : gestion de l’eau, prévention des pollutions, sécurisation des résidus, réduction des consommations, maîtrise des nuisances pour les populations voisines, restauration des sols et préparation de l’après-mine.

Mais aucune bonne pratique ne supprime la réalité physique de l’extraction.

Lorsque la teneur moyenne du minerai est de l’ordre de 1,31 gramme d’or par tonne, des centaines de tonnes de minerai doivent être traitées pour disposer d’un kilogramme d’or.

Et certaines exploitations démontrent qu’il est économiquement possible d’aller beaucoup plus loin : Yanacocha exploite aujourd’hui des minerais dont les teneurs peuvent être inférieures à 1 g/t, tandis que ses réserves à ciel ouvert présentent une teneur moyenne mesurée d’environ 0,4 g/t [14].

Parallèlement, certaines ressources secondaires déjà présentes dans notre économie contiennent le même métal dans des masses de matière sensiblement inférieures.

Et chaque année, une quantité considérable d’or arrive encore dans nos déchets électroniques.

La question environnementale n’est donc plus seulement : Comment mieux extraire ?

Elle devient : Que devons-nous réellement encore extraire ?

La mine géologique demeure indispensable. La mine urbaine ne la remplacera pas.

Mais nous ne pouvons plus raisonnablement considérer l’une sans l’autre :

Lorsque l’extraction demeure nécessaire, mieux extraire.
Lorsque la ressource a déjà été extraite, mieux la récupérer.

Avant d’aller chercher une nouvelle ressource dans le sous-sol, regardons si celle que nous cherchons n’a pas déjà été extraite.

FAQ : extraction de l’or, environnement et recyclage

S&P Global Market Intelligence estime à environ 1,31 g/t la teneur moyenne du minerai traité en 2022 dans son échantillon mondial [2].

Oui. La viabilité dépend de nombreux facteurs autres que la teneur. À Yanacocha, au Pérou, la mine à ciel ouvert présente par exemple une teneur moyenne mesurée d’environ 0,4 g/t [14]. Au premier trimestre 2025, le minerai effectivement envoyé en lixiviation présentait une teneur moyenne de 0,729 g/t [15].

Le Global Mining Dataset de l’ICMM recense 12 876 mines industrielles, dont environ 17 % ont l’or comme production primaire, soit un ordre de grandeur proche de 2 200 mines aurifères industrielles [1].

À 1,31 g/t, environ 763 tonnes de minerai contiennent théoriquement 1 kg d’or. À 0,4 g/t, il en faut environ 2 500 tonnes. La quantité nécessaire pour récupérer effectivement 1 kg d’or dépend ensuite du rendement du procédé.

Non. Le calcul repose uniquement sur la masse du minerai. Une exploitation à ciel ouvert peut devoir extraire des quantités importantes de roches stériles pour accéder au minerai. Au premier trimestre 2025, Yanacocha a ainsi déplacé 10,421 millions de tonnes, dont 3,123 millions de tonnes de stériles [15].

Oui. Le Super Pit de Kalgoorlie-Boulder jouxte des zones résidentielles [4]. Martha Mine, à Waihī, est quant à elle directement intégrée à l’environnement urbain [7].

Une exploitation peut fortement réduire et maîtriser ses impacts, mais n’est jamais vraiment propre. L’extraction implique nécessairement excavation, transformation du milieu, consommation d’énergie et d’eau et gestion de résidus.

L’US Geological Survey estime actuellement les réserves mondiales à environ 66 000 tonnes [10].

Les 62 millions de tonnes de DEEE générées en 2022 contenaient environ 270 tonnes d’or, selon l’UNITAR et l’UIT [12].

Non. Miniaturisation, substitutions, réduction des teneurs, renouvellement des catégories d’appareils et nouveaux usages font évoluer continuellement la composition du gisement urbain.

Non. Mais une meilleure récupération de l’or secondaire peut contribuer à réduire le recours aux ressources primaires.

NOTRE CONVICTION

Préserver les ressources, c’est préserver notre liberté de choisir l’avenir.

Sources

L’accès aux sources est disponible pour nos clients, sur simple demande.

Auteurs

Elisabeth, Pierre, Adrianne, Jan

Partager

ADIMAS VOUS CHALLENGE !

Chaque distributeur de cartes à puce a à la fois une opportunité et une responsabilité majeures pour préserver notre environnement. En choisissant ADIMAS, vous optez pour un partenariat avec un acteur engagé, expert et innovant, vous guidant vers des solutions de recyclage éthiques et transparentes.

Catégories

1-1.png
Environnement, énergie, climat

Plongez dans les enjeux actuels et découvrez des solutions durables pour préserver la planète.

ADIMAS-Series-darticles-Valorisation-des-metaux-e1673961309304.jpeg
Valorisation des déchets Connectiques / électroniques

Donnez une seconde vie à vos équipements et contribuez à réduire l’empreinte écologique du numérique.

3-1.png
Recyclage des cartes à puce

Explorez les innovations et pratiques responsables pour réutiliser et valoriser ces supports technologiques.

Galerie-de-videos.png
Notre savoir-faire en vidéo

Découvrez nos sélections vidéo dédiées aux initiatives éco-responsables et aux innovations durables.

Articles récents

Environnement, énergie, climat
Environnement, énergie, climat
Environnement, énergie, climat

Articles de la même catégorie

Environnement, énergie, climat
L'intelligence artificielle accélère l'innovation et la consommation d'énergie, d'eau, de métaux. Comment concilier progrès, ressources et humanité ?
Environnement, énergie, climat
Semi-conducteurs, extraction minière, recyclage : l’industrie électronique dépend fortement de l’eau. Analyse des impacts environnementaux.
Environnement, énergie, climat
L’industrie mondiale du plastique traverse une période de fortes tensions. Entre instabilités géopolitiques, hausse des prix du pétrole et perturbations logistiques, l’approvisionnement en matières plastiques devient plus fragile. Cette situation affecte directement les industriels français et européens et renforce le rôle stratégique du recyclage.